02/05/2005
Lilas
Des fleurs annoncent le printemps. Le lilas blanc est ma favorite. Le lilas blanc est une réminisence d'hier pour demain. Il embaume les jardins. C'est un arbuste, soit un refuge. Les feuilles en sont presque larges, presque corcules, mais si finement nerveuses, mais si joliement douces, mais si absurdement fragiles. Et ce vert ! Et ce crémeux ! Et ces fleurs ciselées, minuscules, chacune précieuse, en bouquet, d'en bouquet, d'embranchages, des flons-flons mousseux. Une future mariée ne serait pas si bien parée.
On en voudrait des milliers, des contrées, des forêts, partout. Confinés aux fonds et au coins, aux bordures, jamais centraux, les lilas, un jour, dans mon jardin, se révolteront. Un printemps d'absolu blanc ! Pendant l'hiver, sous couvert d'un manteau, plantés partout, partout, partout. Pour jouir de deux semaines -à peine- d'un réminiscent bonheur puéril ! Oh ! Maîtresse ! Je t'en offrirai des brassées !

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05/03/2005
Crocus
Des bourrasques. Et voir. Entre deux flocons. Elle. Elle combattant si bien. Si si si si si s i sis si sis isissisisisisi. Une princesse. Une reine des pays à montagnes. Suisse, Autriche, Wien. Direct line, droit au coeur, quand me promenant dans mon jardin, sous les flocons, les ratissant pour me croire sur le mont Fuji -zen- : Elle, si ! Si sis isiisi s isi isss isi sisi Si belle ! Me fit m'engourdir, dormir, dans le froid, bouche à bouche bée, zozotement bègue de mon bonheur.

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27/02/2005
Bourgeon
Je suis jardinier. J'aime mon métier. Ah ! Conter fleurette aux plus belles, les plus désirables des fleurs ! Parce que voilà, han-han, les roses, les roses, le clos des roses. Cloaque des culs-terreux mièvres qui n'y comprennent goutte, distillat de leur inconcéquence. Viens, Marguerite, que je t'effeuille. Un peu beaucoup, à la passion, passionné de ces formes innoncentes et belles, toujours parées, quelles soient en devenir, ou mégères fânées, mêmes leur rides sont de tendres inflexions qui nous disent : aimez-moi à la fin ! Alors, voila mon clos des roses, mais des autres aussi. Car qui choisir d'entre les soucis et les pensées, dites-moi ?
Vous, chers vous, vous viendrez pour trouver ici ce que vous cherchez ailleurs, sans en avoir le temps : la legerté d'une douceur ; vous vous ioniserez les nerfs d'une verdure outrageante, de couleurs merveilleuses, devinées ou étalées. Vous reviendrez ici, pour cette nature exubérante, qui peu à peu se déploiera, forme de générosité sans égale qui ne produit aucun sens : plus à réfléchir : juste se laisser bercer par le vent, digitales caresses et milles électriques odeurs que dégage cette tendresse.

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